Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Wiki sur les laboratoires de création en bibliothèque

Nature, orientations et caractéristiques du projet

De Wiki sur les laboratoires de création en bibliothèque
Chapitre 3

3.1. Introduction

Il n’existe pas qu’une seule vision propre à la mise en place d’un laboratoire de création. En fait, les modèles couronnés de succès sont multiples et vont du plus simple au plus exhaustif et la bonne performance de l’un n’implique pas nécessairement que sa reproduction rencontre le même succès.

Il est tout autant possible de verser dans la plus grande simplicité et susciter une adhésion enthousiaste que d’offrir une très grande variété d’équipements et ne récolter qu’un intérêt poli.

Le succès d’un laboratoire de création tient avant tout de la correspondance entre les besoins réels des usagers et la capacité de l’institution à soutenir et accompagner ces derniers à travers ses équipements et ses activités.

Le Truc X

Il importe donc de rejeter l’idée, souvent trop séduisante, que rien ne ressemble plus à un laboratoire de création qu’un autre laboratoire de création, et qu’il suffit de reproduire une recette déjà bien établie pour atteindre un succès confortable. À titre d’exemple, on peut citer l’expérience de BAnQ dans le cadre des phases exploratoires entourant la mise en place du médialab Square Banque Nationale, dédié à la clientèle adolescente.

Afin d’avoir une vision plus claire des philosophies, structures, équipements et ressources requises, une visite de six établissements situés dans trois états américains fut réalisée.

  1. TechCentral Makerspace, Bibliothèque publique de Cleveland, Ohio
  2. YOUmedia Chicago, Bibliothèque publique de Chicago, Illinois
  3. Skokie Digital Media Lab, Bibliothèque publique de Skokie, Illinois
  4. ldeaBox, Bibliothèque publique d'Oak Park, Illinois
  5. Digital Media Lab Teen Hub, Bibliothèque publique d’Arlington Heights, Illinois
  6. The Bubbler and Medialab, Bibliothèque publique de Madison, Wisconsin.

On aurait pu s’attendre à ce que, la proximité géographique aidant, il règne une grande communauté d’intérêts et d’équipements entre ces différents laboratoires de création. Cependant, chaque institution s’est empressée de souligner, à grands renforts d’enthousiasme, que s’il y avait une seule chose sur laquelle BAnQ devait orienter sa programmation, c’était le Truc X.

Inutile de dire qu’un constat s’est rapidement dégagé à l’effet que le Truc X se caractérisait surtout par la multiplicité de sa définition. Pour certains, il s’agissait de studios d’enregistrement et de post-production orientés vers le rap. Pour d’autres, d’espaces orientés vers l’animation image par image (stop motion) ou encore, de modélisation et d’impression 3D.

Bref, c’est la clientèle locale qui a bien souvent défini la nature même de l’espace et de son offre de service. Conséquemment, certains équipements plus spécialisés se retrouvent parfois délaissés malgré des coûts parfois importants d’achat et d’entretien.

Les questions fondamentales qu’il faut se poser sont donc les suivantes :

  • Quelle est la raison d’être du laboratoire : qui dessert-on et quels sont les besoins de cette clientèle?
  • Est-ce un espace qui couvre un spectre très large de fonctionnalités, un espace surtout orienté vers des fonctions médialabs, Fablab ou une version hybride?
  • Est-ce un espace qui met en place une mixité de technologies? Y retrouve-t-on également, par exemple, des fonctionnalités plus traditionnelles (ex. métiers d’art)?

Bien évidemment, les besoins de la clientèle peuvent être multiples, mais il n’en demeure pas moins essentiel de tenter de définir, avec autant de précision possible, la nature de ces derniers et ce qu’on attend prioriser.

3.2. Clientèles ciblées

Quel est votre clientèle? La réponse à cette question a un impact considérable sur la nature même des lieux. L’espace s’adresse-t-il à une population générale, elle-même rarement homogène, ou à un groupe très particulier? Y a-t-il des plages horaires à réserver à un groupe ou une constante mixité de ces derniers?

Si l’espace est orienté vers une clientèle précise, l’aménagement sera pensé en fonction de celle-ci alors qu’une offre orientée vers l’ensemble de la population entrainera sans doute l’élimination d’aménagements trop spécialisés. Il faut cependant noter que plus l’espace est vaste, plus il est possible de mettre en place des microcosmes adaptés aux particularités de différents groupes ciblés.

À titre d’exemple, on pourrait très facilement imaginer un laboratoire de création s’adressant au grand public, mais comportant un espace de socialisation réservé aux adolescents. Dans le même ordre d’idée, un espace qui entend accorder une place d’importance à la clientèle aînée portera sans doute un regard différent au mobilier. On peut présumer que l’on y retrouvera moins de tabourets hauts ou de fauteuils poires (Fatboy, bean bag) que d’éléments de mobilier plus ergonomiques et confortables.

Le tableau ci-dessous présente différents types de clientèles, quelques exemples de fonctionnalités correspondantes, ainsi que les caractéristiques souvent associées aux espaces dédiées à ces dernières.


Tableau 3.1. Caractéristiques et fonctionnalités des espaces selon les types de clientèle

Clientèles ciblées Exemples de fonctionnalités généralement associées Caractéristiques des espaces
Jeunes et familles
  • Jeux vidéo
  • Créations numériques de base (audio/vidéo)
  • Initiation à la conception et impression 3D
  • Électronique et robotique de base
  • Informatique de base (programmation, création de sites web/blogues)
  • Bruyant
  • Propice aux discussions de groupe
  • Espaces ludiques omniprésents
  • Espaces modulables permettant notamment la tenue de tournois de jeux vidéo
Étudiants
  • Logiciels liés aux exigences du cursus (informatique, mathématique, suite Office).
  • Informatique (programmation, création de sites web/blogues)
  • Création numérique (audio/vidéo)
  • Conception et impression 3D
  • Atelier de formation technique
  • Modulation d’espaces calmes et bruyants
  • Propice aux discussions de groupes.
  • Travail et étude (espace pour un ordinateur et pour des documents).
  • Salles de réunion
Adolescents
  • Jeux vidéo
  • Création numérique (audio/vidéo)
  • Électronique, robotique
  • Conception et impression 3D
  • Informatique (programmation, création de sites web/blogues)
  • Bruyant
  • Propice aux discussions de groupe
  • Espaces ludiques et de socialisation
  • Espaces modulables permettant la tenue de tournois de jeux vidéo.
  • Travail et étude (espace pour un ordinateur et pour des documents).
  • Salles de réunion
Personnes âgées ou seules
  • Atelier de littératie numérique (utilisation de l’ordinateur/tablette, navigation web)
  • Atelier de formation technique (rédaction et recherche documentaire sur le web, tricot, couture, cuisine, réparation d’articles électroménagers)
  • Jeux vidéo en équipe (bowling, tennis, Mario Kart sur Wii)
  • Espaces plus calmes
  • Propices aux discussions de groupe
  • Espaces confortables pour visionnement
  • Espaces modulables permettant la tenue de tournois de jeux vidéo.
Entrepreneurs, etc.
  • Création numérique (publicité audio/vidéo)
  • Informatique (programmation, création de sites web/blogues promotionnels)
  • Création de matériels promotionnels (imprimé sur papier/3D, textile)
  • Atelier de formation par les professionnels du laboratoire (résolution de problèmes, prototypage, preuve de concept, design)
  • Atelier de formation par un professionnel externe (démarrage d’entreprise)
  • Séances de mentorat et mentor en résidence
  • Espaces plus calmes
  • Propice aux discussions de groupe
  • Salles de réunion
  • Espaces réservables pour événements ou rencontres
Organismes communautaires (nouveaux arrivants)
  • Atelier de formation en inclusion sociale (discussion/rédaction en français, recherche d’emploi)
  • Atelier de formation numérique (utilisation de l’ordinateur/tablette, navigation web)
  • Atelier de formation technique (rédaction et recherche documentaire sur le web, tricot, couture, cuisine)
  • Atelier de formation par un professionnel externe
  • Séance de mentorat
  • Projets intermunicipaux ou interorganisationnels
  • Bruyant
  • Propice aux discussions de groupe
  • Espaces réservables pour événement ou rencontres
Femmes / jeunes filles
  • Déclinaison en fonction de la catégorie plus générale correspondante (ex : adolescents, étudiants, personnes âgées, etc.)
  • Porter une attention particulière sur l’inclusion de ces dernières en choisissant des thématiques qui plairont à tous et toutes ou créer des évènements spécifiquement liés à celles-ci.
    • Accueil de groupes féminins. Les Scientifines de Montréal sont venues assister à plusieurs ateliers de l’ÉchoFab.
    • Ateliers réservés aux filles.
  • Bruyant
  • Propice aux discussions de groupe
  • Salles de réunion
  • Espaces confortables pour visionnement ou jeux vidéo
Usagers avec handicap
  • Déclinaison en fonction de la catégorie plus générale correspondante (ex : adolescents, étudiants, personnes âgées, etc.)
  • Porter une attention particulière sur leur inclusion et l’accessibilité des machines
    • Voir « Une bibliothèque pour tous : Guide à l'intention du personnel des bibliothèques publiques du Québec » [PDF]
  • Bruyant
  • Propice aux discussions de groupe (adapté en fonction d’un handicap particulier)
  • Équipements adaptés : table de travail, écran, environnement accessible en chaise roulante, etc.

Il est facile de se perdre dans un nombre important de fonctionnalités ou d’équipements tout en ne répondant pas nécessairement aux besoins de sa clientèle. Plutôt que de se perdre dans une myriade de fonctionnalités, il est conseillé de n’en couvrir que quelques-unes, mais avec une certaine exhaustivité dans le spectre créatif associé à celles-ci, afin que l’usager et son projet puissent atteindre un niveau satisfaisant d’achèvement.

À titre d’exemple, si on offre des caméras sur place, mais pas de micros, de système d’éclairage adapté et d’ordinateurs suffisamment puissants, équipés des logiciels pertinents à une postproduction de qualité, on risque de ne pas satisfaire les attentes mises en place et même de générer un sentiment de frustration.

Déterminer avec précision la mission d’un laboratoire de création suppose donc de se pencher sur la nature des processus de création qui sont visés et de ce qui y est corollaire tant au niveau technologique que des aménagements. Il vaut souvent faire moins, mais faire bien!

Bien évidemment, malgré toute une terminologie existante définissant des espaces et des fonctionnalités bien hermétiques et homogènes (médialab, Fablab, etc.), la réalité est rarement parfaitement tranchée et on se retrouve souvent devant des combinaisons d’équipements et de fonctionnalités qui appartiennent à l’une ou l’autre des grandes catégories. Une grande proportion des espaces a tendance à proposer de tels mariages (ex. : équipements de création médiatique et découpe vinyle). Il est cependant essentiel de déterminer, avec autant de précision que possible, quels sont nos points d’ancrage, la personnalité et l’identité de notre espace.

Il ne faut par ailleurs pas oublier qu’aucun laboratoire de création n’existe en vase clos. Il est donc particulièrement important de déterminer ce qui se fait ailleurs, en particulier dans son environnement géographique immédiat, ce qui peut conduire à mettre en place des fonctionnalités ou des équipements corollaires à ses voisins afin de pouvoir s’intégrer au développement d’une expertise locale ou, au contraire, de s’en dissocier complètement ou partiellement afin d’offrir quelque chose de différent, d’unique et donc complémentaire.

Partager des fonctionnalités et équipements avec ses voisins a, bien évidemment, de grands avantages puisqu’il est ainsi possible d’apprendre des autres au regard de leurs essais/erreurs, de profiter de l’expertise et des fiches projets réalisés par ces derniers, mais également de mettre en place des partenariats ou des activités communes. Si, par exemple, une bibliothèque avoisinante utilise un équipement de robotique précis, il peut être fort intéressant d’utiliser le même afin de favoriser des échanges, des activités communes et même la mise en place de compétitions ou de concours, etc.

3.2.1. Spécificités de la clientèle adolescente (13-17 ans)

Les adolescents représentent une clientèle souvent difficile à rejoindre pour les bibliothèques. Paradoxalement, l’âge où ils sont les plus propices à délaisser nos services est aussi celui où le potentiel d’en bénéficier est à son plus élevé. La richesse émotionnelle et les pics de créativité associés à l’adolescence méritent d’être cultivés, rendant la disponibilité d’un espace et d’outils dédiés à cet effet d’autant plus pertinent.

Les défis associés à la mise en place d’un laboratoire de création où la clientèle adolescente est invitée à converger sont multiples. Comment miser sur l’inclusion de ces usagers sans que cela se fasse au détriment de la clientèle adulte? Doit-on nécessairement les isoler et leur fournir un espace exclusif, ou plutôt espérer que le partage d’un même environnement nourrisse la cocréation des savoirs? Malgré les apparences, les adolescents représentent-ils vraiment une clientèle à ce point différente des autres types d’usagers communément desservis par nos institutions?

Ces questions méritent toutes d’être analysées, et c’est en multipliant les approches à travers l’expérimentation que les bibliothèques réussiront à mieux cibler les besoins technologiques, ludiques et créatifs de leur clientèle adolescente. Outre le Square Banque Nationale de BAnQ, l’évolution des laboratoires de création des Bibliothèques de Brossard, Laval et Repentigny (pour ne nommer que les plus récents) saura nous éclairer quant à ce qui obtient le plus de succès auprès de cette clientèle. Ce document se voulant vivant, il sera mis à jour au fil du temps, ce de manière à tenir compte des essais, erreurs, échecs et exploits liés aux initiatives visant les adolescents dans les laboratoires de création québécois.

3.2.2. Spécificités de la clientèle préadolescente (10-12 ans)

À mi-chemin entre l’enfance et l’adolescence, ne s’identifiant ni à l’une ni l’autre de ces périodes de développement, les préadolescents amènent eux-aussi leur lot de défis typiques de la segmentation des clientèles auquel doivent actuellement faire face les bibliothèques publiques.

Encore ici, plusieurs questions se posent : Doit-on nécessairement séparer préadolescents et adolescents, tant au niveau des espaces que des équipements et activités associés? Quel degré d’autonomie doit-on leur accorder, sachant que l’utilisation de certains équipements suscitant le plus la curiosité n’est pas sans risque de blessures ou brûlures mineures? Comment éviter que les enfants ne soient pas laissés sans supervision par leur accompagnateur? Où se trouve la juste balance entre gadget ludique et outil pédagogique?

3.2.3 Spécificités de la clientèle jeune (X-10 ans)

Modèle:Note::À développer

3.2.4. Réalités et gestion d’une clientèle jeune, d’âges diversifiés, au cœur d’un espace unique

Modèle:Note::À développer

3.4. Facteurs d’importances à considérer

Nature du terrain de jeux

La superficie disponible va, bien évidemment, dicter le nombre et la diversité des fonctionnalités offertes. De même quant à la capacité ou non d’effectuer certaines transformations dans l’espace envisagé. À titre d’exemple, certains équipements nécessitent la mise en place d’une ventilation dédiée : la possibilité de mettre ou non une telle infrastructure en place fait toute la différence au regard des options analysées.

Mais cette notion d’espace doit également se planifier en gardant à l’esprit un élément fondamental : la trame collaborative inhérente à la philosophie des espaces maker. Un espace minimum est bien évidemment requis pour assurer un travail individuel efficace et sécuritaire, mais les équipements sont très souvent utilisés par un groupe qui suppose donc plusieurs individus (on retrouve en annexes, plusieurs fiches techniques détaillées à cet effet).

L’espace de circulation pressenti doit donc assurer et même favoriser une multiplicité d’intervenants. Même dans un contexte qui suppose généralement un travail plus minutieux et solitaire, la post-production audio par exemple, le contexte collaboratif propre aux laboratoires de création génère souvent une équipe composée de deux, trois ou même quatre personnes.

Au regard d’un tel constat, il n’est donc pas surprenant que les laboratoires de création se caractérisent très souvent par l’omniprésence de grandes tables de travail et de longs couloirs de circulation.

Les budgets

La nature du budget de projet va dicter l’éventail des possibilités à étudier au niveau de l’idéation initiale. Il faut par ailleurs garder à l’esprit que le laboratoire continuera d’évoluer après son ouverture et qu’un budget de maintien d’actif est essentiel, tant pour l’entretien des appareils que pour l’acquisition de consommables, le remplacement pur et simple des équipements ou l’acquisition de nouveaux.

Par ailleurs, il n’est pas très utile d’avoir un éventail d’équipements si aucune ressource humaine n’est présente pour accompagner l’usager dans la compréhension ou la manipulation de ceux-ci par rapport au développement des projets personnels de ces derniers ou d’une démarche simplement caractérisée par la curiosité et l’exploration. La clé de voûte du succès d’un laboratoire de création s’inscrit bien souvent dans la présence de ces ressources humaines dédiées et donc d’un budget de fonctionnement adéquat.

L’absence de ressources humaines adéquates peut même générer des risques au regard de la sécurité des usagers. En effet, suivant la nature des activités et des équipements présents, une formation préalable des utilisateurs ou, parfois même, un encadrement constant est requis, À cet égard, il est donc essentiel de bien documenter chacun des équipements pressentis afin d’avoir une vision claire des éléments de santé et sécurité qui y sont associés. Cette mise en garde est particulièrement vraie dans le cadre des machines-outils présentent dans un Fablab (des fiches techniques, présentes en annexes, abordent cette question).

Bref, dans un premier temps, il faut déterminer ce que l’on souhaite faire et prioriser chacune des fonctionnalités envisagées. Par la suite, il faut confronter ces options au budget alloué, à la capacité de mettre en place l’accompagnement requis en termes de ressources humaines et effectuer des choix. La nature des espaces est évidemment capitale dans le cadre d’un tel exercice. À ce sujet, deux cas d’espèce se présentent bien souvent :

  1. Un espace précis est disponible et le choix des fonctionnalités est donc pris en fonction d’un nombre précis de mètres carrés immuables;
  2. La direction des immeubles de votre institution vous demande de dresser un inventaire des fonctionnalités désirées en détaillant, pour chacune d’entre elles, les éléments techniques (nombre de mètres carrés requis par fonctionnalités, équipements, infrastructures immeubles requises, etc.) ainsi que le niveau de priorité accordé. Une analyse des espaces potentiels pouvant être réaménagés ou construit est par la suite réalisée et soumise.

Tableau 3.2. Facteurs primaires à considérer

Facteur primaire Considérations
Espace
  • En fonction des ressources disponibles, un laboratoire peut être vaste ou réduit, accessible ou loin des regards, ponctuel ou permanent, il peut même tenir dans une valise (ou presque) et se trimballer d’une bibliothèque à une autre.
  • L’espace, qu’il soit construit ou déjà existant, doit avant tout être évolutif puisqu’il doit pouvoir s’adapter aux avancées technologiques et aux besoins des usagers qui sont difficiles à prévoir.
  • Il est essentiel de garder à l’esprit que l’espace doit être pensé en fonction d’une évolution constante des pratiques et des usages, ainsi que d’une polyvalence qui priorisera la capacité d’adaptation et, bien sûr, la sécurité.

Voir chapitre 5 XXX pour de plus amples informations.

Budget
  • Le budget alloué à l’aménagement d’un laboratoire de création est le facteur limitant le plus important, bien qu’il ne soit nullement tenu d’être colossal pour répondre adéquatement aux besoins des usager.
  • Afin de convaincre les décideurs et débloquer les fonds adéquats, une planification rigoureuse est nécessaire pour répondre aux questions suivantes : faudra-t-il embaucher de nouveaux employés? Quels équipements seront achetés? Quelles activités s’y tiendront? Comment le laboratoire s’intègrera-t-il dans la bibliothèque? Et surtout, combien tout cela coûtera-t-il?
  • Plusieurs options s’offrent si l’on souhaite limiter les coûts : certains services peuvent être payants (ex : frais des consommables calculés selon le poids), financement participatif (crowdfunding), récupération de vieux matériel électronique, etc.

Voir chapitre 6 XXX pour de plus amples détails.

Compétences et motivations des employés
  • Les employés qui agiront à titre de médiateurs du laboratoire doivent avoir les compétences techniques requises pour bien maîtriser le nouvel équipement, mais aussi pour accompagner les usagers, animer les ateliers de formation, assurer l’évolution des lieux en se tenant informés des nouvelles technologies ou pratiques, etc.
  • Ne pas hésiter à donner un peu plus de responsabilités aux différents corps d’emplois, dans les limites de leurs mandats respectifs, s’ils ont les compétences et l’intérêt nécessaire.

Voir le sous-chapitre 7.3 pour de plus amples détails.

Changement identitaire de la bibliothèque
  • L’aménagement d’un laboratoire de création peut modifier la perception qu’en avait les usagers (par exemple, pour plusieurs, une bibliothèque se doit d’être un lieu calme où il fait bon de lire en toute quiétude). Toutefois, la bibliothèque publique du 21e siècle se rapproche de plus en plus d’un troisième lieu (on parle même d’un quatrième lieu) que d’une salle d’étude monacale.
  • Pour éviter d’effrayer les non-initiés, il est nécessaire de faire enquête sur les besoins et intérêts des différents membres de la communauté : est-ce que le laboratoire sera plus apprécié s’il est retiré ou bien en vue?
  • Bien évidemment, plus souvent qu’autrement, il faut faire preuve d’agilité et tenter de concilier les besoins divergents des membres de sa communauté.

Tableau 3.2. Facteurs secondaires à considérer

Facteur secondaire Considérations
Interface en anglais
  • Il est difficile d’assurer que tous les équipements requis offrent tous une interface et un manuel d’utilisation en français. Des connaissances en anglais sont donc de rigueur chez le personnel.
  • Au niveau des logiciels, on retrouve une offre généralement assez importante de logiciels libres pour lesquels des rustines intégrant une interface française a été développée. Des recherches auprès de ses collègues ou d’institutions comme BAnQ permettront souvent d’identifier ceux-ci ainsi que leurs forces et faiblesses.
La techno à tout prix
  • Un tel projet risque de susciter un intérêt immédiat auprès des amateurs de hautes technologies[1]. Il faut toutefois se rappeler « que les makerspaces reposent sur un principe fondamental : le processus d’apprentissage. Les outils ne sont donc qu’un médium permettant de concrétiser ce principe »[2]et non une fin en soi.
  • Afin de ne pas entacher la perception du projet, il faut donc éviter de mettre uniquement le focus sur l’équipement, mais plutôt l’orienter vers les besoins du public cible et des bénéfices que ces derniers en tireront au niveau éducatif, social, ludique ou en termes de développement personnel.
Travail en silo
  • Aucun laboratoire n’est identique à un autre et chaque bibliothèque fait face à des contraintes qui lui sont propres. Il faut cependant éviter de réinventer la roue et ne pas hésiter à aller voir ce qui se fait dans d’autres institutions.

Notes

  1. FOURNEUX, Thomas, Organiser un makerspace autrement que par une approche matérielle, Biblio Numéricus, https://biblionumericus.fr/2015/10/24/organiser-un-makerspace-autrement-que-par-une-approche-materielle/ (consulté le 9 novembre 2017).
  2. FOURNEUX, Thomas, Guide pour construire un makerspace dans une bibliothèque, Biblio Numéricus, https://biblionumericus.fr/2015/08/27/guide-pour-construire-un-makerspace-dans-une-bibliotheque/ (consulté le 9 novembre 2017).

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